Infolettre N°14 - 29 Août 2017 - Démocratie Vivante
Démocratie Vivante est un think tank de gauche oeuvrant pour que le quinquennat d’Emmanuel Macron contribue au progrès social
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Infolettre N°14 – 29 Août 2017

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Par Dominique Villemot

Avocat, réformiste de gauche, Dominique Villemot est un fidèle de François Hollande (il est l’auteur de « François Hollande : le courage de réformer » chez Privat) et un soutien d’Emmanuel Macron (il est membre du comité politique de La République En Marche). Il se réclame du macronisme de gauche.

POLITIQUE : LA FRANCE EST-ELLE UN PAYS RÉFORMABLE ?

Le 24 août à Bucarest Emmanuel Macron a fait cette déclaration un peu étonnante : « La France n’est pas un pays réformable. Beaucoup ont essayé et n’y ont pas réussi, car les Français détestent les réformes. Dès qu’on peut éviter les réformes, on le fait.» Alors que les sondages lui sont moins favorables, le Président esquisse-t-il un changement de stratégie ? commence-t-il à se résigner ? Manifestement non, car il a aussitôt ajouté : « Il ne faut pas réformer la France, il faut la transformer. Nous y parviendrons. » Le volontarisme est donc toujours là. Et pourquoi ? « Car les Français ont fait le choix un peu fou d’un mouvement politique nouveau, d’une personnalité politique qui n’existait pas dans leur quotidien depuis longtemps ». Emmanuel Macron ne veut donc pas se situer dans la lignée de ceux qui ont voulu réformer notre pays, comme par exemple Chaban-Delmas, Giscard d’Estaing, Rocard ou Sarkozy. Non, son objectif est nettement plus ambitieux. Il veut transformer la France. On retrouve les accents de son livre de l’automne dernier intitulé « Révolution ». Et il croit cela possible car les Français ont fait preuve d’une audace inouïe en l’élisant et en votant pour son tout jeune parti. C’est vrai que les élections de mai et juin ont constitué un véritable big bang dans notre paysage politique. Qui, il y a un an, aurait pu imaginer l’élection d’Emmanuel Macron et la victoire de LREM aux législatives ? Qui aurait pu imaginer que notre pays, alors dominé par les déclinistes, les extrêmes et le repli sur soi, allait choisir le candidat le plus jeune et le plus ouvert sur l’extérieur ? Une fois de plus notre pays a su choisir le renouveau et l’avenir, comme il a su le faire à chaque fois qu’il a été confronté à un choix vital pour son identité et pour son avenir.

Mais le temps politique va de plus en plus vite. Mai et juin sont déjà un peu loin. Les Français sont impatients ; ils veulent des résultats tout de suite, Nicolas Sarkozy et François Hollande en savent quelque chose. Le mois qui vient sera crucial. Emmanuel Macron est attendu sur la réforme du code du travail et sur la réforme fiscale. Il faudra à la fois que ces réformes adaptent notre pays à la concurrence internationale (assouplissement de notre code du travail trop rigide, baisse de la fiscalité sur le capital trop élevée) et soient justes (nouveaux droits pour les salariés, baisse de la fiscalité pour les salariés et les plus faibles). S’il y arrive, la transformation que souhaite Emmanuel Macron sera en bonne voie.

ECONOMIE : LES BANQUES CENTRALES CONTRE TRUMP

A l’occasion du symposium de Jackson Hole aux Etats-Unis, le rendez-vous annuel des banquiers centraux, Mario Draghi, président de la BCE, a dénoncé, sans la nommer, la politique économique de Donald Trump en déclarant : « Un virage vers le protectionnisme poserait un risque sérieux pour la productivité et la croissance de l’économie mondiale. ». Janet Yellen, directrice de la Réserve fédérale américaine, a, quant à elle, critiqué implicitement les projets de dérégulation de Donald Trump en défendant la régulation financière : « les réformes ont renforcé la stabilité du système financier. Les banques sont plus sûres ».

ENVIRONNEMENT : LA QUESTION DES ŒUFS CONTAMINES AU FIPRONIL N’EST PAS RÉGLÉE

Le ministère de l’Agriculture actualise jour après jour la liste des produits à base d’œufs contaminés au fipronil et retirés du marché. Une trentaine de références sont désormais retirées de la vente en France. Ces ovoproduits contiennent du fipronil – un insecticide dont l’usage est interdit sur les animaux destinés à la consommation lorsque sa concentration est supérieure à la limite réglementaire. Cette situation est de nature à augmenter la méfiance des consommateurs qui font de plus en plus le lien entre environnement et santé. Les dysfonctionnements apparaissent importants, au Pays-Bas et en Belgique, mais aussi en France et au niveau de la coopération européenne.

FISCALITÉ : BAISSE EN DEUX TEMPS DES COTISATIONS SOCIALES SALARIALES

Le premier ministre a confirmé une promesse de campagne d’Emmanuel Macron, à savoir que les cotisations sociales salariales, maladie et chômage, d’un montant total égal à 3,15% du salaire brut, seront supprimées l’an prochain. Le financement de cette mesure sera assuré par une augmentation de la CSG de 1,7%. Soit un gain de pouvoir d’achat pour les salariés de 1,45%. Ce qui est nouveau, en revanche, c’est l’annonce que, pour des raisons budgétaires, la baisse des cotisations se fera en deux temps : 2,20% au 1er janvier puis 0,95% au 1er octobre. Comme la CSG augmentera de 1,7% dès le 1er janvier, le gain pour les salariés ne sera que de 0,50% au 1er janvier et atteindra 1,45% à compter du 1er octobre.

EUROPE : MACRON VA AU CLASH AVEC LA POLOGNE

Emmanuel Macron s’implique fortement dans la révision de la directive européenne sur le détachement des salariés. Il a ainsi vivement critiqué le gouvernement polonais, le 25 août en Bulgarie, condamnant son refus de durcir cette directive. Il est même allé plus loin en disant qu’il s’agit d’« une nouvelle erreur » de Varsovie qui se met « en marge » de l’Europe sur « de nombreux sujets ». Il visait les atteintes aux libertés dans ce pays. La première ministre populiste de Pologne a aussitôt réagi dénonçant des déclarations arrogantes. Il faut noter qu’Emmanuel macron a déjà gagné un point ; il a divisé le groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie) en obtenant un accord de principe sur la révision de la directive de la part de la République tchèque et de la Slovaquie. Cette tournée en Europe de ‘lEst du Président laisse augurer un accord européen pour la fin de l’année.

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