Infolettre N°17 - 19 Septembre 2017 - Démocratie Vivante
Démocratie Vivante est un think tank de gauche oeuvrant pour que le quinquennat d’Emmanuel Macron contribue au progrès social
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Infolettre N°17 – 19 Septembre 2017

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Par Dominique Villemot

Avocat, réformiste de gauche, Dominique Villemot est un fidèle de François Hollande (il est l’auteur de « François Hollande : le courage de réformer » chez Privat) et un soutien d’Emmanuel Macron (il est membre du comité politique de La République En Marche). Il se réclame du macronisme de gauche.

POLITIQUE : LA GAUCHE ECLATEE

Rarement la gauche française n’aura été aussi éclatée. Le Front de gauche n’aura pas duré longtemps, le parti communiste retrouvant son autonomie et Jean-Luc Mélenchon créant La France Insoumise. Mais ce n’est rien à côté du PS qui a perdu l’essentiel de ses troupes. Sur son flanc gauche Benoît Hamon est parti, sans pour autant rejoindre Jean-Luc Mélenchon. Sur son flanc droit c’est l’hémorragie. Nombre de socialistes ont rejoint La République En Marche (LREM), comme Gérard Collomb, Richard Ferrand, Arnaud Leroy, François Patriat ou Benjamin Griveaux. Jean-Yves Le Drian a rejoint le gouvernement d’Emmanuel Macron. Quant à Manuel Valls il a quitté le PS sans pour autant rejoindre LREM, même s’il est apparenté à son groupe à l’Assemblée Nationale. Ceux qui sont restés au PS se répartissent entre Hollandais, comme Stéphane Le Foll et François Rebsamen, et en critiques vis-à-vis du quinquennat de François Hollande, comme Anne Hidalgo et Martine Aubry. Des écologistes comme François de Rugy ont rejoint LREM pendant que d’autres comme Cécile Duflot se gauchisaient. Quant aux radicaux de gauche, certains sont partis chez LREM, comme Jacques Mézard, les autres soutenant le gouvernement d’Emmanuel Macron et préparant la réunification avec les radicaux valoisiens.

La gauche s’était coupée en deux pendant le quinquennat de François Hollande entre une gauche réformiste qui soutenait l’action du Président et une gauche radicale qui était dans l’opposition. L’élection d’Emmanuel Macron a consolidé cette fracture et déstructuré les organisations partisanes. La création de LREM, regroupant à l’origine des socialistes et des radicaux de gauche, a donné un grand coup de pied dans la fourmilière. La principale victime en a été le PS. Depuis 1971 ce parti faisait cohabiter en son sein les deux familles de la gauche, réformistes et radicales. Cette union avait permis d’arriver au pouvoir en 1981 et d’y revenir en 1988 et 1997. Le référendum européen de 2005 avait commencé à fracturer le parti qui, grâce à François Hollande, était arrivé à maintenir son unité malgré tout. Et c’est à nouveau l’Europe qui, dès l’élection de François Hollande, a brisé cette unité, la gauche du PS reprochant à François Hollande de ne pas avoir renégocié le traité budgétaire contrairement à ce qui figurait dans ses 60 propositions. La gauche est donc profondément divisée sur l’attitude à adopter face à Emmanuel Macron et sur l’Europe et émiettée sur le plan organisationnel. Il faut remonter aux débuts de la Vème République pour retrouver une situation comparable, d’une gauche divisée face au général de Gaulle et face au parti communiste, et émiettée en une série d’organisations (PCF, PSU, SFIO, CIR, radicaux, gaullistes de gauche).

En France Benjamin Constant fut le fondateur du libéralisme qui était un mouvement de gauche. Un libéral met en avant la liberté. On distingue en France le libéral sur le plan des mœurs, qui est quelqu’un de tolérant qui respecte la liberté de comportement des autres, du libéral sur le plan économique qui défend la liberté d’entreprendre face au poids de l’Etat. Le premier est plutôt de gauche, le second de droite.

Au plan sociétal, Emmanuel Macron est indiscutablement libéral. La question qui se pose est celle de son orientation économique et sociale. La France Insoumise, et maintenant une grande partie du PS, lui reprochent d’être libéral sur le plan économique, c’est-à-dire pour eux de mener une politique antisociale. Pour une partie de la gauche, une politique libérale signifie une politique favorable aux entreprises et donc une politique défavorable aux salariés. Notons qu’Emmanuel Macron ne s’est jamais défini comme libéral, mais comme progressiste et européen. Il veut libérer les énergies. Mais pour autant il ne prône pas le recul de l’Etat. Il a nationalisé les chantiers STX, il veut remettre l’Etat au centre de l’assurance-chômage, il veut réformer la directive sur le détachement afin de mieux protéger les salariés, il veut une Europe qui protège, il privilégie la concertation avec les partenaires sociaux, comme on l’a vu sur l’élaboration des ordonnances. Si être libéral c’est faire reculer le rôle de l’Etat et déréguler systématiquement, il n’est pas libéral. Mais si c’est accepter l’économie de marché et le rôle de l’entreprise dans la création de richesses, alors indiscutablement, il l’est. Il est pour le compromis entre l’Etat et le marché, comme les sociaux-démocrates allemands ou le gaullisme qui privilégiait la libéralisation de l’économie tout en s’appuyant sur le Plan ou le radicalisme, qui combinait libéralisme économique et solidarité sociale, ou des socialistes français comme Michel Rocard.

ECONOMIE : LE RAPPORT DE L’OCDE SUR LA FRANCE

Le 14 septembre l’OCDE a remis son rapport sur la France. Elle a relevé à 1,7% son hypothèse de taux de croissance pour cette année, le plus élevé depuis 2011. Elle indique que le CICE commence à porter ses fruits. Elle énonce aussi un certain nombre de problèmes que l’économie française doit affronter. Elle pointe ainsi les gains de productivité trop faibles pour maintenir à l’avenir notre niveau de protection sociale. Elle constate qu’il est de plus en plus difficile de décrocher un CDI après un CDD. Et enfin elle remarque que la France est le seul membre de l’OCDE avec le Mexique à avoir des conseils de prud’hommes qui ne soient pas composés de juges professionnels.

ENVIRONNEMENT : L’AGRICULTURE BIO PROGRESSE

Le nombre d’exploitations agricoles biologiques progresse fortement en France, selon les statistiques de l’Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique. Elles recouvrent 1,77 millions d’hectares, soit 6,5% de la superficie agricole utile. La progression est de 15% sur les six derniers mois. Les régions où elle se développe le plus sont l’Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes et la Nouvelle Aquitaine.

FISCALITÉ : TAXE D’HABITATION : UN GESTE POUR LES RETRAITES

Le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérard Darmanin, a dévoilé le 13 septembre les seuils d’exonération de la taxe d’habitation. Pendant la campagne présidentielle Emmanuel Macron avait envisagé un seuil d’exonération de 20.000 euros de revenus annuels par part. Le ministre a annoncé les seuils qui seront finalement retenus. Pour un célibataire ce sera plus favorable, puisque le seuil sera fixé à 30.000 euros. Ce seuil s’élèvera à 48.000 pour un couple. Ensuite chaque demi-part augmentera le seuil de 6.000 euros, soit 54.000 euros pour un couple avec un enfant et 60.000 euros pour un couple avec deux enfants. Le barème retenu est donc plus favorable pour les célibataires et les couples sans enfant que celui annoncé par Emmanuel Macron durant la campagne. Or, la plupart du temps, les retraités n’ont pas d’enfant à charge. Ce nouveau barème leur est donc plus favorable. L’exonération se fera par tiers sur trois ans (2018, 19 et 20) et sera prévue par le projet de loi de finances pour 2018 qui passera en conseil des ministres le 27 septembre prochain.

EUROPE : JUNCKER PRESENTE SES PROPOSITIONS DE REFORME DE L’EUROPE

Le 13 septembre le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a prononcé son discours sur l’état de l’Union européenne devant le Parlement européen. A cette occasion, il a présenté ses propositions de réformes de l’Europe, plus mesurées que celles d’Emmanuel Macron. Il veut lui aussi un ministre des finances de la zone euro, mais pas de budget ni de Parlement de la zone euro, car pour lui l’euro a vocation à devenir la monnaie de tous les Etats de l’Union européenne. En revanche, il se prononce pour un Président de l’Union européenne élu par l’ensemble des citoyens européens, qui aurait vocation à remplacer à la fois le président du Conseil et le président de la Commission.

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