La Guyane - Démocratie Vivante
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La Guyane

La Guyane

La Guyane, belle région, historiquement connu pour ses bagnes et l’affaire Dreyfus, bordée par les magnifiques îles du Salut, riche d’une faune et d’une flore diversifiées, où des peuples venus de tous horizons (créoles, bushinengués, amérindiens, hmongs, brésiliens, chinois, libanais, haïtiens, surinamais, guyaniens, français continentaux, etc.) s’y rencontrent pour former un véritable melting pot, est avant tout une emprise stratégique française de premier plan. La Guyane détient, en effet, la plus longue frontière terrestre française, qui sur 730 km, la sépare du Brésil. A travers elle, c’est aussi un bout de l’Europe qui se trouve projeté en Amérique latine.

La mission la plus sensible pour les armées françaises demeure la protection du Centre Spatial Guyanais (CSG) qui se trouve localisé à Kourou. A ce titre le 3ème Régiment Etranger d’Infanterie (REI) y est basé, appuyé par le 9ème Régiment d’Infanterie de Marine (RIMA) qui se situe à Cayenne. L’Etat-Major Interarmées (EMIA) du quartier de la Madeleine, la Base Navale (BN) Degrad des Cannes ou la Base Aérienne (BA) de Rochambeau, tous situés aux pourtours de Cayenne, viennent compléter le dispositif militaire régional.

Si la mission de protection du CSG demeure la priorité, elle n’est pas la seule tâche des armées. La pêche et l’orpaillage illégaux, l’immigration clandestine, ainsi que le contrôle des trafics en tous genres affectent l’utilisation des effectifs de défense et de sécurité au sein de ce territoire. La combinaison de ces phénomènes marginaux engendre une insécurité palpable qui entache la carte postale guyanaise et explique, en grande partie, un important taux de chômage : 23 % des actifs en 2016, selon l’Insee.

Dans ce contexte, les guyanais s’interrogent : comment un pays aussi riche et stratégique peut-il autant être délaissé par les autorités françaises ? Ainsi, un pic de revendications est apparu en mars 2017. Un collectif menant le mouvement social exige des mesures concrètes de la part de l’Etat. Sur les trois milliards demandés, un peu plus d’un milliard est finalement promis par le gouvernement Hollande pour mettre fin à ces blocages.

Quelques mois plus tard et un nouveau président en fonction, les guyanais se sentent toujours à la marge de la société française. C’est ce qu’ils ont voulu exprimer à l’occasion de la visite du Président Macron, hier, le 26 octobre 2017.

Le président, qui s’est rendu directement à Maripasoula, au centre-ouest de la Guyane, sur la frontière fluviale qui sépare la France du Suriname et accessoirement, la commune la plus grande de France, a annoncé qu’il ne venait « pas en père Noël » ni pour refaire « des promesses » mais « prendre des engagements que je saurai tenir durant mon quinquennat ». Cependant, et c’est le plus important, Emmanuel Macron a dit qu’il respecterait l’accord du 21 avril de 1,08 milliard d’euros tout en « prenant acte » d’une demande de 2,1 milliards d’euros de mesures supplémentaires.

Après une manifestation en face de la préfecture située près de la place des Palmistes, le collectif « Pou Lagwiyann Dékolé » (Pour que la Guyane Décolle) a exigé de rencontrer M. Macron dans la soirée, alors que l’Elysée leur a proposé de les rencontrer le lendemain matin. À la suite des propos du président à Maripasoula, le collectif a déclaré qu’il n’a pas de respect pour eux, puis des échauffourées ont eu lieu entre les forces de l’ordre et les
manifestants. Des gaz lacrymogènes ont été tirés afin de disperser le rassemblement devant la préfecture. En réponse, des cocktails Molotov et des projectiles ont été lancés, notamment aux abords du commissariat.

Le premier bilan fait état d’un gendarme mobile et d’un policier légèrement blessés, ainsi que cinq personnes interpellées. Le problème de la Guyane n’est pas factuel, il ne se limite pas à l’évènement d’hier soir, ni à ceux d’avril 2017, c’est un dossier de fond sur lequel nos autorités doivent réfléchir et agir. Il faut prendre conscience de la position stratégique de cette région et de son potentiel encore inexploité, qui fait que chaque année nous perdons des tonnes d’or, ainsi que des ressources halieutiques conséquentes. Nous y avons trouvé du pétrole offshore et le tourisme offre d’énormes possibilités. Il est donc légitime que les guyanais puissent jouir des fruits de leurs terres, comme il est légitime qu’ils obtiennent les mêmes infrastructures que celles que l’on peut trouver en métropole (hôpitaux, assainissement, logements sociaux, routes, …).

Les guyanais sont avenants, ils sont acteurs de la diversité française et de la richesse de sa culture,
mais pour que la Guyane adhère aux valeurs de la république, il faut l’intégrer dans son
processus !

Ainsi d’autres questions plus sensibles et plus pertinentes se posent à nous : quelle est la légitimité de ce collectif face aux autorités locales ? Est-ce que les autorités guyanaises actuelles sont représentatives de sa population ? Est-ce que les hauts fonctionnaires en poste en Guyane sont compétents ?

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