Infolettre N°16 - 12 Septembre 2017 - Démocratie Vivante
Démocratie Vivante est un think tank de gauche oeuvrant pour que le quinquennat d’Emmanuel Macron contribue au progrès social
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Infolettre N°16 – 12 Septembre 2017

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Par Dominique Villemot

Avocat, réformiste de gauche, Dominique Villemot est un fidèle de François Hollande (il est l’auteur de « François Hollande : le courage de réformer » chez Privat) et un soutien d’Emmanuel Macron (il est membre du comité politique de La République En Marche). Il se réclame du macronisme de gauche.

POLITIQUE : MACRON EST-IL LIBERAL ?

La présentation des projets d’ordonnances réformant le code du travail a amené de nombreux commentaires qualifiant cette réforme de « libérale », notamment à gauche, sachant que pour la gauche de la gauche le terme « libéral » est péjoratif et signifie « de droite ». On se souvient que la candidature de Bertrand Delanoë au poste de premier secrétaire du PS en 2008 avait été plombée par la publication de son livre quelques semaines auparavant dans lequel il se définissait comme libéral. Passons sur le fait qu’à l’inverse, aux Etats-Unis, « liberal » signifie « de gauche » et qu’au 19ème siècle le mouvement libéral regroupait ceux qui s’opposaient aux monarchies conservatrices.

En France Benjamin Constant fut le fondateur du libéralisme qui était un mouvement de gauche. Un libéral met en avant la liberté. On distingue en France le libéral sur le plan des mœurs, qui est quelqu’un de tolérant qui respecte la liberté de comportement des autres, du libéral sur le plan économique qui défend la liberté d’entreprendre face au poids de l’Etat. Le premier est plutôt de gauche, le second de droite.

Au plan sociétal, Emmanuel Macron est indiscutablement libéral. La question qui se pose est celle de son orientation économique et sociale. La France Insoumise, et maintenant une grande partie du PS, lui reprochent d’être libéral sur le plan économique, c’est-à-dire pour eux de mener une politique antisociale. Pour une partie de la gauche, une politique libérale signifie une politique favorable aux entreprises et donc une politique défavorable aux salariés. Notons qu’Emmanuel Macron ne s’est jamais défini comme libéral, mais comme progressiste et européen. Il veut libérer les énergies. Mais pour autant il ne prône pas le recul de l’Etat. Il a nationalisé les chantiers STX, il veut remettre l’Etat au centre de l’assurance-chômage, il veut réformer la directive sur le détachement afin de mieux protéger les salariés, il veut une Europe qui protège, il privilégie la concertation avec les partenaires sociaux, comme on l’a vu sur l’élaboration des ordonnances. Si être libéral c’est faire reculer le rôle de l’Etat et déréguler systématiquement, il n’est pas libéral. Mais si c’est accepter l’économie de marché et le rôle de l’entreprise dans la création de richesses, alors indiscutablement, il l’est. Il est pour le compromis entre l’Etat et le marché, comme les sociaux-démocrates allemands ou le gaullisme qui privilégiait la libéralisation de l’économie tout en s’appuyant sur le Plan ou le radicalisme, qui combinait libéralisme économique et solidarité sociale, ou des socialistes français comme Michel Rocard.

ECONOMIE : LES ECONOMIES BUDGETAIRES POUR 2018 SE PRECISENT

Le gouvernement doit réaliser d’importantes économies budgétaires pour boucler le budget 2018 afin de financer ses baisses d’impôts et de réduire le déficit à 2,8% du PIB, ce qui implique près de 20 milliards d’économies. Comme de nombreux budgets d’Etat sont sanctuarisés (Défense, Education, Justice) et que le Président a indiqué que le budget des retraites ne serait pas affecté, les efforts porteront, pour le budget de l’Etat, sur le logement, l’emploi, les transports et les finances et, pour le budget social, sur la santé et la famille.

ENVIRONNEMENT : IRMA. MARCON MET EN AVANT LA RESPONSABILITE DU RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE

L’ouragan Irma a été d’une intensité exceptionnelle et a ravagé les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy, causant la mort de 15 personnes et des dégâts dont le coût est estimé à 1,2 milliards. Emmanuel Macron a pointé du doigt la responsabilité du réchauffement climatique : « L’engagement contre le réchauffement climatique nous touche tous et toutes. Ce n’est pas un luxe du quotidien, c’est un engagement indispensable. C’est pour cela que la France restera déterminée à lutter contre le réchauffement climatique et à tout faire pour prévenir ce type de désastre. »

FISCALITÉ : LA COMPENSATION DE LA HAUSSE DE LA CSG POUR LES INDEPENDANTS ET LES FONCTIONNAIRES

La hausse de 1,7% de la CSG a pour objectif de financer la baisse des cotisations sociales des salariés du secteur privé. Ces derniers seront donc les grands gagnants de cette réforme. Mais qu’en sera-t-il des autres actifs, Emmanuel Macron ayant toujours dit que l’objectif de la réforme était de favoriser le travail ? Le gouvernement a précisé que les indépendants et les fonctionnaires bénéficieront aussi d’une baisse de cotisations. Pour les trois quarts des travailleurs indépendants, ceux dont le revenu est inférieur à 4.000 euros par mois, cette baisse sera supérieure à la hausse de la CSG, pour le dernier quart elle sera d’un montant égal. Pour les fonctionnaires la baisse compensera la hausse de la CSG. En résumé, aucun actif ne perdra de pouvoir d’achat : tous les salariés du privé et trois quarts des indépendants auront un gain de pouvoir d’achat ; pour les autres, le dernier quart des indépendants et les fonctionnaires, la réforme sera neutre.

EUROPE : A ATHENES, MACRON PROPOSE DE REFONDER L’EUROPE

Le 7 septembre, à Athènes face à l’Acropole, berceau de la démocratie, Emmanuel Macron a dressé le bilan de l’Europe de ces dernières années : « Qu’avons-nous fait de notre démocratie, qu’avons-nous fait de notre souveraineté ? Aujourd’hui la souveraineté, la démocratie, la confiance sont en danger » ainsi que celui de la zone euro : « On a fait croire qu’on pouvait vivre à Athènes comme à Berlin, ce n’était pas vrai, et c’est le peuple grec qui a payé ». Puis il a avancé ses propositions. Il demande à ce que soit engagée une grande consultation des Européens en forme de conventions démocratiques, de « débat délibératif » au premier semestre 2018. « Nous ferons une synthèse et rédigerons alors la feuille de route de l’Europe pour les 10 à 15 prochaines européen, la mise en place de « listes transnationales », où des députés français, allemands ou grecs pourraient se présenter ensemble.

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