Infolettre N°8 - 11 Juillet 2017 - Démocratie Vivante
Démocratie Vivante est un think tank de gauche oeuvrant pour que le quinquennat d’Emmanuel Macron contribue au progrès social
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Infolettre N°8 – 11 Juillet 2017

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Par Dominique Villemot

Avocat, réformiste de gauche, Dominique Villemot est un fidèle de François Hollande (il est l’auteur de « François Hollande : le courage de réformer » chez Privat) et un soutien d’Emmanuel Macron (il est membre du comité politique de La République En Marche). Il se réclame du macronisme de gauche.

POLITIQUE : LA RECOMPOSITION POLITIQUE EST EN MARCHE

Le week-end dernier, les principaux partis politiques ont tenu des réunions très importantes. La convention de La République En Marche avait pour objet de présenter ses nouveaux statuts et de travailler à sa future stratégie et à la mise en place de sa nouvelle direction. Le défi est énorme. En Marcha a à peine plus d’un an d’existence (le mouvement a été créé en avril 2016). Son unique objectif était de porter Emmanuel Macron à l’Elysée. Maintenant que ce but est atteint, à quoi doit servir LREM ? Ce n’est pas une question nouvelle. Le parti gaulliste avait déjà dû répondre à cette question en 1958 et le parti socialiste en 1981. C’est le parti du Président qui doit soutenir son action sans pour autant devenir un parti godillot. Surtout il ne faut pas répéter l’erreur du PS du quinquennat précédent qui a laissé grandir en son sein une opposition à son Président. La tâche n’est pas facile, d’autant que LREM a réalisé l’exploit de se développer sur fond de démocratie participative tout en soutenant le retour à la monarchie républicaine. Ce numéro d’équilibriste peut-il être prolongé ?

Pendant ce temps, la droite s’enfonce dans le repli identitaire et sectaire. LR veut en effet exclure les constructifs, dont Thierry Solère, et peut-être Edouard Philippe, renouant avec tout ce que les Français ne veulent plus voir. Notons qu’à l’inverse, LREM a annoncé qu’elle acceptait la double appartenance, à LREM et à un autre parti politique. Par ailleurs, après Manuel Valls, c’est Benoît Hamon qui a annoncé qu’il quittait le PS. Le PS a perdu les deux finalistes de sa primaire tenue il y a à peine six mois. Benoît Hamon aura été le fossoyeur du PS. Il doit sa notoriété à François Hollande qui l’a nommé ministre de la consommation en 2012 puis ministre de l’Education en 2014. Et pour autant il n’a cessé de critiquer le quinquennat de François Hollande en prenant la tête des frondeurs et en allant même jusqu’à rédiger un projet de motion de censure contre le gouvernement de son propre parti. Vainqueur de la primaire en janvier dernier, il s’est tourné vers Mélenchon et EELV plutôt que de rassembler son camp. Il a ensuite fait campagne, non contre la droite et l’extrême-droite, mais contre Emmanuel Macron et le bilan de François Hollande. On ne le regrettera pas.

ÉCONOMIE : LA SIMPLIFICATION DU COMPTE PÉNIBILITÉ

Dans une lettre adressée aux partenaires sociaux le premier ministre a indiqué que le compte pénibilité, renommé compte prévention, restera inchangé pour six critères : travail de nuit, répétitif, en horaires alternants ou en milieu hyperbare, ainsi que le bruit et les températures extrêmes. En revanche, pour quatre autres critères, les règles sont modifiées : la manutention de charges lourdes, les postures pénibles, les vibrations mécaniques et les risques chimiques. Il s’agit des critères les plus critiqués par le patronat, qui les jugeait inapplicables au motif qu’ils sont difficilement mesurables. Ces quatre risques sortiront du compte à points. Les employés qui y sont exposés pourront encore bénéficier d’un départ anticipé à la retraite, mais seulement quand une maladie professionnelle a été reconnue et quand «le taux d’incapacité permanente excède 10%». Enfin les cotisations qui devaient financer le compte pénibilité sont supprimées.

ENVIRONNEMENT : VERS LA FERMETURE DE 17 REACTEURS NUCLEAIRES

Nicolas Hulot, le ministre de la transition écologique, s’est engagé, lundi 10 juillet, à fermer des réacteurs nucléaires, « peut-être jusqu’à 17 », pour respecter la loi sur la transition énergétique, votée sous François Hollande, qui vise à ramener à 50 % la part de l’atome dans la production d’électricité à l’horizon 2025. La France compte actuellement 58 réacteurs répartis dans 19 centrales.

FISCALITÉ : LE CALENDRIER DES BAISSES D’IMPOTS SE PRECIS

L’audit de la Cour des comptes a montré que le déficit 2018 s’établira à 3% du PIB, seuil minimal à respecter en application du pacte de stabilité européen. Il n’y a donc pas a priori de place pour des baisses d’impôts. Le premier ministre a toutefois annoncé à la convention de LREM que les baisses d’impôts s’établiraient à 7 milliards en 2018. Il s’agit en réalité des baisses votées sous François Hollande (passage du CICE à 7% des salaires inférieurs à 2,5 SMIC, baisse de l’IS pour les petites entreprises, augmentation du crédit d’impôt pour les emplois à domicile). De plus, elles seront compensées en partie par des hausses, comme celles de la taxe carbone et des accises sur le diesel et le tabac. Mais, afin d’appliquer le programme sur lequel il a été élu, Emmanuel Macron a arbitré en faveur d’une mise en œuvre dès 2018 du remplacement de l’ISF par un impôt sur la fortune immobilière et de la première étape de l’exonération de taxe d’habitation pour 80% des ménages, soit 6 milliards supplémentaires. Les économies budgétaires à trouver sur 2018 s’en trouvent augmentées d’autant. La baisses des charges sociales salariales, effective en 2018, sera quant à elle compensée par la hausse de la CSG.

EUROPE : L’EUROPE N’ARRIVE TOUJOURS PAS A REGLER LE CAS GREC

Le 15 juin dernier les créanciers de la Grèce ont débloqué 8,5 milliards en sa faveur, sans régler le problème de l’allègement de la dette. Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Euro-groupe, a assuré que les créanciers feraient « preuve de davantage de clarté » sur un futur allègement de la dette. Le texte adopté permet au FMI de rester dans le programme, tout en reportant à plus tard un engagement financier ferme, ce qui permet aussi à Angela Merkel de ne pas s’engager avant les élections allemandes de septembre. En attendant les Grecs continuent à souffrir.

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