Infolettre n°20 - 10 octobre 2017 - Démocratie Vivante
Démocratie Vivante est un think tank de gauche oeuvrant pour que le quinquennat d’Emmanuel Macron contribue au progrès social
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Infolettre n°20 – 10 octobre 2017

Infolettre n°20 – 10 octobre 2017

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Par Dominique Villemot

Démocratie Vivante, dont l’action est fondée sur les valeurs de gauche, a pour objet d’être un espace de réflexion et une force de propositions sur les réformes que le quinquennat d’Emmanuel Macron doit permettre de réaliser pour faire avancer la France et l’Europe sur la voie de la rénovation démocratique, de la justice sociale et du progrès partagé.

POLITIQUE

ET DE GAUCHE ET DE DROITE OU DE DROITE SEULEMENT ?

Il est de bon ton ces temps-ci de dire qu’Emmanuel Macron se serait déporté sur la droite depuis qu’il a été élu et que ses réformes sont libérales (ordonnances sur la réforme du droit du travail) et qu’il est le président des riches (suppression de l’ISF). Tout se passe comme si Mélenchon avait gagné la bataille de la communication et avait réussi à incarner la gauche, la seule vraie gauche, et que Macron avait été de ce fait poussé à droite par Mélenchon.  Mais il faut noter tout d’abord que tout ce que le Président fait correspond à ce qu’il avait annoncé dans son programme : les ordonnances sur le droit du travail, la suppression de l’ISF, la réduction du déficit budgétaire. Tout y était. Il n’a pas changé. Il s’attache d’ailleurs à appliquer son programme à la lettre afin de ne pas subir les reproches adressés en leur temps à Jacques Chirac et à François Hollande, et dans une moindre mesure à Nicolas Sarkozy, de ne pas avoir suivi leur programme et d’avoir appliqué une politique pour laquelle ils n’avaient pas été élus. Ensuite l’augmentation du salaire net de tous les salariés du privé, l’exonération de taxe d’habitation pour 80% des Français, l’augmentation de la prime d’activité, du minimum vieillesse ou de l’allocation adulte handicapé, le dédoublement des classes de CEP dans les zones en difficulté… Tout cela ce n’est pas une politique pour les riches.

Derrière cette question se pose une autre question. Qu’est-ce qu’être de gauche ? Si être de gauche c’est plus de dépenses publiques, plus d’impôts, plus de normes, une hostilité systématique à l’égard des chefs d’entreprises, un refus de se projeter en avant, un refus par principe de travailler avec des personnes de droite même si ce qu’elles proposent est intelligent, un refus systématique de la réforme, si c’est se reconnaître quand on parle de fainéants,  alors oui Emmanuel Macron n’est pas de gauche. Mais cette gauche c’est la gauche caricaturale qu’aime la droite, c’est celle qui refuse le progrès, c’est celle qui privilégie l’idéologie sur la réalité, celle qui ne s’intéresse pas à la vie quotidienne des gens, fussent-ils défavorisés, mais qui s’assure que les dogmes sont préservés et qui excommunie à tour de bras les « hérétiques ». Mais si être de gauche c’est privilégier non pas l’idéologie mais des valeurs, si c’est accepter de changer pour que la vie des plus défavorisés s’améliore, si c’est reconnaître que la création de richesses se fait dans les entreprises, si c’est faire en sorte que notre système social (l’école, la santé) fonctionne mieux et produise moins d’inégalités, si c’est œuvrer à la construction d’une Europe qui protège, alors oui Emmanuel Macron est de gauche, comme l’ont été Pierre Mendès-France, Michel Rocard ou Jacques Delors. Réformer pour créer de la richesse, pour être plus efficace, pour créer des emplois, pour rendre la société plus juste, pour lier progrès collectif et progrès individuel c’est le réformisme de gauche. Depuis le début Emmanuel Macron veut faire travailler ensemble les progressistes de gauche et les progressistes de droite et il y arrive afin que la France sorte du déclinisme et soit à nouveau fière d’elle-même.

ECONOMIE

LA CROISSANCE REPART

En juin dernier l’INSEE estimait le taux de croissance de notre économie pour 2017 à 1,6%. Le 5 octobre elle e relevé sa prévision à 1,8%, ce qui serait du jamais vu depuis 2011. C’est l’accélération des investissements des entreprises (3,9%) et des ménages (5%) qui explique cette augmentation de la croissance, qui résulte à la fois de la persistance des taux d’intérêt bas et de l’amélioration du climat économique. Il faut y ajouter la bonne tenue des exportations (3,3%), alors que la consommation ralentit (1,1%). C’est donc une croissance saine.

 ENVIRONNEMENT

NICOLAS HULOT VEUT TAXER LES « PASSOIRES THERMIQUES »

Nicolas Hulot, le ministre de la transition énergique a annoncé qu’il travaillait à la création d’un bonus-malus, sur le modèle de ce qui existe déjà pour les voitures, à la charge des bailleurs de logements. Il s’agirait de taxer les propriétaires de logement peu performants sur le plan énergétique, du fait d’une isolation défaillante ou d’un système de chauffage obsolète ou polluant.

FISCALITE

LE POUVOIR D’ACHAT DES PLUS MODESTES AUGMENTERA DE 2,9%

Contrairement à ce que beaucoup prétendent Emmanuel Macron n’est pas le président des riches. La direction générale du Trésor a publié une étude montrant que sur la durée du quinquennat ce sont les plus modestes et les classes moyennes qui verront leur pouvoir d’achat augmenter le plus : de 2,9% pour les 10% de ménages les plus modestes à 2,7% pour le quatrième décile. Les 20% les plus modestes bénéficieront de l’augmentation du minimum vieillesse décidée par Macron et celle du RSA décidée sous Hollande. Les ménages du huitième au quatrième décile, ceux des classes moyennes (50% des ménages), bénéficieront de l’augmentation de la prime d’activité, de l’exonération de la taxe d’habitation et du basculement des cotisations sociales salariales vers la CSG.

EUROPE

L’ERREUR DE RAJOY FACE A LA CATALOGNE

L’organisation du référendum en Catalogne avait beau être illégale, pour autant en démocratie il n’est pas acceptable d’empêcher les citoyens de vouloir voter. L’intervention des forces de l’ordre en Catalogne pour empêcher le vote et saisir des urnes électorales a rappelé trop de mauvais souvenirs. La démocratie c’est l’expression du peuple. En empêchant les Catalans de s’exprimer, le premier ministre espagnol, Rajoy a choqué les démocrates et a eu un comportement inacceptable pour l’ensemble des Catalans, y compris ceux qui ne sont pas favorables à l’indépendance. Il ne s’agit pas de prendre fait ou cause pour ou contre l’indépendance de la Catalogne. C’est aux Catalans de choisir leur avenir. Le démembrement de l’Espagne serait une mauvaise nouvelle pour l’Espagne et probablement aussi pour l’Europe, et cela pourrait encourager d’autres sécessions, comme celle de l’Ecosse par exemple. L’idée a longtemps été en Europe de conserver les frontières de 1945 afin d’éviter un délitement des Etats et la balkanisation de l’Europe. Mais l’Europe a déjà renoncé à ce principe en acceptant que la Tchécoslovaquie se coupe en deux ou en acceptant la fin de la fédération yougoslave qui a donné naissance à sept Etats avec même un effet boule de neige ; la Serbie restant la seule héritière de la Yougoslavie et faisant ensuite elle-même face à une sécession, celle du Kosovo, soutenue par la communauté internationale et l’Union européenne. Espérons qu’existe encore la possibilité de trouver une solution négociée entre Madrid et Barcelone.

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